Arnaud Vanden Broeck : La biologie structurale et la recherche contre les parasites kinétoplastides



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©️ B.Bouckaert

Arnaud Vanden Broeck, Docteur en biophysique et biologie structurale et chef de laboratoire au Centre d'Ingénierie des Protéines (CIP), vient d'obtenir un mandat de chercheur qualifié du F.R.S.-FNRS pour poursuivre ses recherches de pointe sur les mécanismes moléculaires de l'expression des gènes chez les parasites kinétoplastides, notamment ceux responsables de maladies humaines graves comme la maladie du sommeil, la maladie de Chagas et les leishmanioses.

L

es kinétoplastides - une famille d’eucaryotes unicellulaires très éloignés des animaux sur le plan évolutif - présentent des particularités cellulaires et moléculaires fascinantes. Les recherches menées par Arnaud Vanden Broeck s'attachent à comprendre les mécanismes fondamentaux de production des ARN messagers (notamment l’épissage et la polyadénylation) ainsi que l'assemblage du ribosome, cette machinerie cellulaire essentielle à la production des protéines. Ces parasites, bien que responsables de maladies graves, sont peu étudiés malgré leurs caractéristiques uniques, offrant ainsi un potentiel considérable pour la recherche en biologie structurale et évolutive.

L'une des ambitions majeures de Vanden Broeck est d'étudier la machinerie de trans-épissage SL des kinétoplastides, un projet soutenu par une bourse ERC sur cinq ans. À long terme, son groupe aspire à caractériser les processus eucaryotes divergents au niveau moléculaire, renforçant ainsi sa position dans le domaine de la biologie structurale comparative. Ces études, rendues possibles par des techniques récentes comme l’édition du génome (CRISPR/Cas9) et la cryomicroscopie électronique, ouvrent de nouvelles perspectives sur les mécanismes d’expression des gènes chez ces organismes atypiques.

Outre l’avancée des connaissances fondamentales en biologie moléculaire et structurale, ce projet pourrait avoir des retombées concrètes dans la lutte contre les parasites responsables de maladies humaines et animales. Une meilleure compréhension des mécanismes moléculaires des kinétoplastides permettrait de développer de nouveaux traitements, offrant ainsi des solutions innovantes pour améliorer la santé publique et animale. Ces avancées pourraient bénéficier à des millions de personnes à travers le monde, particulièrement dans les régions où les maladies parasitaires restent un défi majeur.

Lire également : Arnaud Vanden Broeck décroche un important financement européen pour étudier les kinétoplastides et lutter contre les maladies qu'ils provoquent 

A propos d'Arnaud Vanden Broeck

Après un master en Biochimie, Biologie Moléculaire et Cellulaire à l'Université de Liège en 2014, Arnaud Vanden Broeck a effectué un doctorat en Biophysique et Biologie Structurale à l’Institut de Génétique, Biologie Moléculaire et Cellulaire (IGBMC) de Strasbourg sous la supervision du Dr Valérie Lamour. Ses recherches doctorales portaient sur l’étude structurale des ADN topoisomérases, des enzymes essentielles au bon fonctionnement des cellules en raison leur rôle crucial dans le maintien de l’intégrité du génome.

Fort de son expertise en biologie structurale, il a ensuite poursuivi un postdoctorat dans le laboratoire du Dr Sebastian Klinge à la prestigieuse Université Rockefeller de New York grâce à une bourse EMBO. Durant ces cinq années, Arnaud Vanden Broeck a étudié l'assemblage du ribosome humain par cryomicroscopie électronique, une recherche qui a abouti à plusieurs publications dans des revues de renom comme Science et Nature Structural and Molecular Biology, et qui lui a valu des distinctions telles que le Scaringe Award de la RNA Society et le Blavatnik Regional Award in Chemical Sciences décerné par la Fondation Blavatnik et l’Académie des Sciences de New York.

En 2024, il revient à l'Université de Liège grâce à un mandat de chercheur qualifié du FNRS et une bourse ERC Starting Grant (lien article) pour fonder son propre laboratoire dédié à l'étude de la régulation de l'expression des gènes chez les parasites kinétoplastides.

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